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Progrès et défis dans la lutte contre le VIH en RD Congo : une épidémie complexe

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La lutte contre le VIH en République Démocratique du Congo est en constante évolution, marquée par des progrès significatifs mais aussi par des défis persistants. Cette épidémie complexe nécessite une approche multidimensionnelle et une mobilisation continue. Découvrons ensemble les avancées et les enjeux de cette lutte cruciale pour la santé publique en RDC.

Des progrès significatifs mais des défis persistants

Depuis 2010, la République démocratique du Congo (RDC) a enregistré une diminution de 58 % du nombre de nouvelles contaminations au VIH, ainsi qu’une baisse de 72 % des décès liés au virus. Ces chiffres encourageants sont le fruit des efforts déployés dans la lutte contre l’épidémie, mais de nombreux défis persistent et compliquent la maîtrise de la maladie.

Malgré ces avancées, le manque de tests de dépistage et les ruptures de traitements continuent d’être des problèmes majeurs en RDC. Selon Lara de Jacquier, responsable du centre Médecins Sans Frontières (MSF) de Kabinda, il existe encore des lacunes dans les tests de dépistage, le suivi de la charge virale et parfois même dans l’accès aux traitements. Les ruptures d’approvisionnement sont courantes et compromettent la continuité des soins pour les personnes vivant avec le VIH.

Le défi du suivi de la charge virale

Le suivi de la charge virale est essentiel dans la gestion de l’infection au VIH. Il permet de déterminer la gravité de l’infection, l’efficacité des traitements et d’identifier les cas où le virus peut être indétectable malgré un test de dépistage négatif en début d’infection. Cependant, il est parfois difficile d’assurer un suivi régulier de la charge virale en raison de difficultés logistiques et financières.

Gisèle Mucunya, coordinatrice responsable médicale du centre MSF de Kabinda, souligne l’importance de pouvoir vérifier que la charge virale diminue afin de motiver les patients à persévérer dans leur traitement. Certains patients, appelés les « perdus de vue », ont interrompu leur traitement à plusieurs reprises, ce qui a permis au virus de se propager à nouveau. Il est donc crucial d’améliorer l’accès au suivi de la charge virale pour éviter ces situations.

La lutte contre les populations à risque

Pour faire face à l’épidémie, les autorités congolaises ont concentré leurs efforts sur les populations les plus à risque, telles que les travailleuses du sexe, les usagers de drogues injectables, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes tuberculeuses, les femmes enceintes et allaitantes. Ces populations représentent le moteur de l’épidémie et sont donc au cœur des stratégies de prévention et de dépistage.

Cependant, cette approche pose problème selon Ange Mavula, directeur de l’Union congolaise des organisations des personnes vivant avec le VIH (UCOP+). Il estime que l’État dépend à 95 % du financement extérieur du Fonds mondial et de l’agence américaine Pepfar, ce qui limite la prise en compte d’autres populations à risque. Par exemple, les hommes hétérosexuels qui fréquentent des prostituées et ont une vie de couple ne sont pas suffisamment pris en compte dans la stratégie de lutte contre le VIH.

Le défi du dépistage et de la stigmatisation

La stigmatisation liée au VIH est encore très présente en RDC, ce qui peut dissuader les personnes de se faire dépister. La peur du rejet social et la discrimination font que de nombreux malades préfèrent garder leur statut sérologique secret. Les hommes en particulier sont moins sollicités pour se faire dépister, à cause de leur éloignement du système de soins.

Concernant le dépistage, Ange Mavula souligne qu’il est souvent difficile de trouver des tests gratuits en dehors des populations cibles. Cela limite l’accès au dépistage pour de nombreuses personnes qui ne rentrent pas dans ces catégories. Il est donc nécessaire de diversifier les stratégies de dépistage et de sensibilisation afin d’atteindre un plus grand nombre de personnes.

Les défis dans les régions les plus vulnérables

L’Observatoire de l’accès et de la qualité des services VIH et tuberculose a identifié neuf provinces de la RDC qui ne bénéficient d’aucun programme de prévention, de dépistage ni de suivi de la charge virale en raison de taux de prévalence jugés trop bas. Ces provinces, surnommées les « provinces orphelines », ne reçoivent que des traitements antirétroviraux sans bénéficier des autres services essentiels. Cette situation nuit à une planification nationale cohérente de la lutte contre le VIH.

Des études pour une meilleure compréhension de la réalité du terrain

Pour mieux comprendre la situation de l’épidémie de VIH en RDC, le Centre international pour les programmes de soins et de traitement du VIH (ICAP) a mandaté une étude d’impact sur la santé publique dans certaines provinces du pays. Cette étude, réalisée en dehors des hôpitaux pour éviter un biais statistique, permettra d’obtenir une vision plus précise de la réalité de l’épidémie et de l’efficacité des programmes existants.

Parallèlement, le ministère de la santé a mené une étude démographique et de santé à l’échelle nationale pour actualiser les données sanitaires. Les résultats de cette étude, attendus d’ici la fin de l’année, permettront d’évaluer les progrès réalisés et d’identifier les défis restants.

La lutte contre le VIH en RD Congo progresse, mais de nombreux défis persistent. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer l’accès aux tests de dépistage, au suivi de la charge virale et aux traitements. La stigmatisation et la discrimination liées au VIH doivent également être combattues pour permettre à un plus grand nombre de personnes de se faire dépister et de bénéficier d’une prise en charge adéquate. Une coordination renforcée entre les acteurs locaux, nationaux et internationaux est indispensable pour faire face à cette épidémie complexe.

La rédaction Bestnews
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